« Avatar », « District 9  » et autres « The Road » – mise à jour

Pour ceux qui ne l’avaient pas décrypté, ces films de science-fiction (SF) sont des allégories de la colonisation des Amériques du 16e au 19e siècle. Même s’ils se placent du seul point de vue des colonisateurs eux-mêmes comme le souligne Mélanine avec raison, ils n’en restent pas moins très critiques voire de féroces satyres au second degré.

Si vous lisez l’anglais dans le texte alors Monbiot vous rappellera en détail comment et pourquoi « en 1492, la population native des Amériques était de 100 millions. A la fin du 19ème siècle, la plupart avaient été exterminés. De nombreux décès étaient dus à des maladies, mais cette extinction de masse a aussi été organisée. La boucherie a commencé avec Christophe Colomb. Il a massacré la population autochtone d’Hispaniola (aujourd’hui Haïti et Dominique) avec une férocité inimaginable. En 1535 la population native de 8 millions de personnes avait été réduite à zéro, en raison des maladies, des assassinats, ou épuisées par le travail forcé et la famine. »

Les auteurs issus des colonisateurs, comme Diamond Jared dans son remarquable livre « Effondrement » qui décrit les effets parfois réellement catastrophiques (réduction de population de 90%) de certains déséquilibres écologiques massifs dans l’histoire aimeraient bien y trouver la seule cause de la mort de quasi-toute la population américaine pré-colombienne. Malheureusement pour l’idée que nous voudrions avoir de l’humanité, l’histoire telle qu’elle se révèle à nous, comme dans ce remarquable dossier réuni par Michel Collon sur Haïti, montre bien qu’il s’agit d’abord de génocides. Les maladies par exemple ont souvent – aujourd’hui comme hier – été répandues sciemment, notamment par le biais de couvertures infectées. Détruire sous couvert de protéger, c’est bien ce que sont en train de faire les USA et ses alliés quand ils interviennent massivement sur cette éponge à pétrole que vient de se révéler être Haïti . Ah, vous ne saviez pas encore que ce pays est installé sur un océan de pétrole bien plus immense que le Vénézuela ou que le fut le Mexique ? Curieux, hein comme les médias sont sélectifs dans ce qu’ils racontent. Mais ça, comme dirait Rudyard Kipling, c’est une autre histoire… dont je vous parle dans cet article .

Danielle se tait ? Non !

Disparait Reparait aujourd’hui (*)  de la blogosphère une de ses voix les plus puissantes et les plus originales. Chouette cadeau de noel 😦

Lassée de la bétise, lassée de la méchanceté, lassée de prêcher dans ce qu’elle voit à tort comme un désert, victime de son succès qui lui amenait nombre de mails haineux, Danielle Bleitrach a avait décidé de fermer « Changement de société » alias « soci013 ».

Où d’autre lirons-nous désormais cette traduction de l’intervention de Dick Cheney sur ABC où il reconnaissait explicitement avoir autorisé la torture dont je parlais dans mon article précédent ?

Où d’autre lirons-nous les nombreux articles sur l’amérique latine, là où la gauche devrait aller chercher ses nouveaux modèles après l’échec sanglant de sa gestion du capitalisme ?

Où d’autre lirons-nous les analyses politiques et philosophiques fondamentales, profondes et orginales que nous apportait Danielle ? Sans langue de bois, sans concessions, elle nous apportait un contenu d’une rare profondeur. Evidemment, cette profondeur n’allait pas sans une certaine longueur qui décourageait ceux qui ne consacrent pas plus de 2 minutes à un texte. Ce qui amenait des remarques acerbes de sa part quand quelqu’un prenait la parole en omettant un élément dont elle avait parlé.

Où d’autre lirons-nous la critique féroce de l’exploitation, de l’asservissement ?

Où trouverons-nous encore une voix juive, aussi féroce dans sa critique d’Israel que de l’anti-sémitisme qu’elle a vécu dans son corps et qui a marqué prfondément son esprit.

Ou trouverons-nous encore cette foi dans l’internationalisme socialiste ? Cette analyse marxiste qui avait annoncé la crise et fournit un des rares moyen d’en sortir ?

Ailleurs, difficilement, moins bien. Nul(le) n’est indispensable, certaines voix sont simplement encore plus irremplaçables que d’autres. Danielle est de celles-là. Je pleure.

Elle annonce un livre, je revis et je ne manquerai de vous en faire part 🙂

(*) Mise à jour: Ce matin 1e janvier, Danielle a rouvert son blog 🙂  Du coup J’ai corrigé certains aspects de ce post, dont le titre.

Oh oui, faites-moi encore rire avec la crise

Je n’ai jamais trouvé sur le net cette photo de jeune femme illustrant cette déclaration, d’il y a quelques dizaines d’années. Mais c’est vrai qu’elle à un drôle d’aspect.

On la compare à celle de 1929 qui était une crise économique. Ben non, écrit un historien avec plus de recul que nos habituels commentateurs, il faudrait plutôt la comparer avec celle de 1873 qui était aussi un crevage de bulle financière. Elle a été bien plus terrible d’ailleurs.

Ensuite, rions avec cette vidéo sur le discret revirement idéologique de nos libéraux qui réclamaient toujours moins d’état mais non pas hésité à mobiliser toute sa capacité d’endettement pour sauver le détenteurs de capital.

« Crise financière » oblige, on entend et on lit partout, en cette fin 2008, qu’il faut – et qu’il suffirait de – « revenir à l’économie réelle ». La réalité !. Du pur pipeau, déclare cet auteur. Nationalisons plutôt les banques déclare, en anglais, Willem Buiter sur le site du Financial Times qui nous avait plutôt habitué à un autre discours 😉

Mais alors, pourquoi pas le socialisme, tant qu’on y est ? Peut-être même un renversement gorbatchevien dans la patrie du « libéralisme réalisé« . C’est vrai quoi, comme le père de papy Ralph Nader déclarait à ses fils: « Pourquoi est-ce que le capitalisme finira toujours par survivre ? ». Et de leur offrir aussitôt la réponse : « Parce qu’on aura toujours recours au socialisme pour le sauver ». Et de nous brosser du coup, un large panorama des alternatives qui s’ouvrent, notamment en amérique latine mais pas seulement, avec la chute de l’idéologie néo-libérale. Des lendemains qui scintillent (1) en quelque sorte.

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(1) J’offirai bien un livre pour la/le premier(e)qui retrouve d’où vient cette expression mais avec Internet, c’est vraiment trop facile.

La guerre en Aghanistan est (aussi) une bonne idée

D’abord il faudra vraiment mettre le paquet: « les Soviétiques n’ont pas réussi à maîtriser le pays, même lorsqu’ils avaient 100 000 hommes sur le terrain, et 150 000 soldats afghans à l’appui ». Et d’une part, ces soldats étaient autrement motivés que les occidentaux et d’autre part, le pouvoir local communiste avait une autre assise que l’actuel, corrompu et impuissant. Et même lui est obligé de déclarer souhaiter nous voir partir.

Et pourquoi ne sommes-nous pas motivés ?

Parce que nous manquons de vraies raisons d’y aller. La raison idéologique européenne qui est la libération des femmes afghanes (un exemple, qui est peut-être une manipulation, ici ) est insuffisante pour nous faire risquer de voir des morts de « race blanche » (les autres on s’en fout, hélas) comme dirait le nauséeux Zemmour. Et la raison idéologique américaine de la « guerre au terrorisme » jusitifie mal que cette « guerre » fasse plus de morts étatsuniens que le-dit terrorisme.

Alors, si on essayait la vérité: on est là pour sécuriser un pipe-line qui doit, dans le futur, nous alimenter en pétrole sans dépendre des russes car le prochain eldorado pétrolier se trouvent dans les marches de l’ancien empire soviétique.

Ah oui, mais non ! D’abord, nous sommes bien incapables de regarder plus loin que le bout de notre nez, sinon les signes sans cesse plus alarmants du désastre écologique en cours nous auraient déjà fait réfléchir sur notre modèle économique anti-écologique. Ensuite, il faudrait expliquer que nous sommes en train de recréer une guerre froide contre l’Est (Russie et Chine) et admettre, notamment, que ce n’est par accident que l’avocat américain qui préside actuellement la Géorgie a attaqué l’Ossétie philo-russe. Là aussi, une forte odeur de pétrole, comme jadis au Biafra. Et pour ne pas croire que les USA étaient derrière cette affaire, je vous invite à lire, en anglais, comment ils ont piégé un autre futur ex-allié, Saddam Hussein en 1990.

C’était une des merveilles de la politique bushienne-fils dont les américains ont (déjà) du mal à se distancier que d’avoir réussi à unir tout le monde contre eux. Et ça ne changera qu’en façade, et encore.

C’est aussi un paradoxe apparent que les deux anciennes patries « du socialisme réalisé » n’arrivent à s’entendre que maintenant qu’elles sont devenues plus ou moins officiellement du capitalisme d’état. Notez que ça leur réussit mieux que le « laissez-faire » des néo-libéraux que Poutine avait remplacé et qui ont ces derniers mois brillament réussi à convaincre les gouvernements occidentaux à faire cadeau de 2.500 milliards au système financier. Comme s’il ne s’était pas déjà suffisament engraissé sur le dos de notre pouvoir d’achat.

Mais revenons au Moyen-Orient, pas pour longtemps. Une autre raison pour tenter de gagner en Afghanistan est de réparer la « perte de face » que constitue, pour les USA, le bourbier Irakien.

Et tant que nos militaires sont là, ils ne sont pas ailleurs. Par exemple en amérique latine qui pourrait être le prochain terrain d’entraînement. C’est d’ailleurs pour ça que les médias se déchainent contre le Vénézuela et ses voisins socialistes:  il nous faudra gagner une guerre avant que nos néo-colonies ne prennent leur indépendance et ne menacent les approvisionnement quasi-gratuits qui nous autorisent notre mode de (non-)vie. Mais, toujours aussi cyniquement, il est largement plus facile de faire passer une guerre, avec toutes ses bavures, contre des arabes, musulmans de surcroît, que contre des latinos chrétiens.

Vous voyez bien que la guerre en Afghanistan est une bonne idée. Aussi bonne que la plantureuse assistante du patron, si vous voyez ce que je veux sous-entendre dans le genre frais et délicat.

Obamania

Voici quelques’uns des milliers d’articles que j’ai vu passer (et parfois lu) ces derniers jours sur Obama et que j’ai noté comme plus significatifs que quelques milliers d’autres. Franchement, j’hésite à ajouter ma goutte d’eau à cet océan des publications.

Enfin… j’aurai essayé de vous en sélectionner quelques uns qui me paraissaient plus originaux. Il y a là aussi des articles plus tout neufs que je tiens à vous montrer pour que vous puissiez observer l’évolution des pensées à l’égard futur POTUS (1)

« Premiers frémissements » détectés sur DeDefensa le 10 novembre

– Les doigts dans la crise du 7 novembre: « C’est (très) mal parti »

– Le Soir du 7 novembre (aussi): Barack Obama osera-t-il se battre pour imposer le changement qu’il a promis ?

– Le Grand Soir republie un article écrit par un Français de Caracas en octobre et paru originellement chez Michel Collon, Hola, Mister Barack Obama ! Bienvenido ! Mais basta !, . Ce site dernier publie aussi « 13 questions à Mister Obama »

– Courrier international du 28 octobre : Barack Obama, ce « réactionnaire »

(1) POTUS : President Of The Unied States (of america, celà va sans dire). Mais… ces dernières années ? Sous une pierre ?