La sélection de la semaine

Medias
Infos et débats sur Wikileaks
http://www.psyetgeek.com/la-guerre-danonymous
http://owni.fr/2010/12/04/6-questions-sur-wikileaks-le-napster-du-journalisme/
http://fr.readwriteweb.com/2010/12/13/a-la-une/si-wikileaks-tait-une-chance/
http://blog.lesoir.be/wikileaks/2010/12/04/wikileaks-ne-nous-demande-rien/

Immigrés
Quand émigrer est un délit
La discrimination à l’embauche sur base de la couleur de peau
Et les bon comptes des immigrés dans la Sécu en France
Un arabe c’est un arabe et un préjugé c’est un préjugé 😀

Et un sourire pour finir: Tu serais pas un peu juif, toi ?

 

Terrorisme
Un film drôle sur deux apprenti-terroristes… Et réaliste en plus. On est trèèèès  loin des théories du complot et de l’équation « islam=terrorisme »
Recyclage : après l’attentat de Lockerbie dont les auteurs avaient variés suivant les nécessité du moment, on nous refait le même coup avec le meurtre de Rafic Hariri.
… Et une vérité bien rarement entendue, dans la bouche d’un américain qui fut très haut placé : « la guerre au terrorisme est un canular ».

Ecomomie
Un conte satirique sur l’Irlande par Paul Krugman
Socio-Traitres : Après Pascal Lamy (OMC) et DSK (FMI), voici Jospin dans « Les trahisons d’un social-démocrate français »
Le prochain sur la liste, c’est un grand européen, papa de la Secrétaire Générale du PS français* : Jacques Delors.

« La stratégie du choc »

Mise en application en Europe et un deuxième article sur le même sujet … et sur les travailleurs eux-mêmes
Le paradis des rentiers
Quand même la droite plaide pour une diminution des inégalités
« Les banksters réunis » s.a.
Les ententes secrètes des banques sur notre dos vues aussi par la RTBF.
Le plus grand hold-up de l’histoire qui restera impuni comme toujours

Le pic pétrolier est derrière nous … et un fausse bonne idée pour y échapper : le gaz de schiste

Amérique Latine,

Vénézuela : un paradis ou un enfer ? Les USA décideront. On dit merci à Wikileaks pour nous informer à ce sujet :-). En Colombie, c’est déjà l’enfer.

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(*) Elle travaille sous le pseudonyme de Cécile Martine Aubry 🙂

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« Avatar », « District 9  » et autres « The Road » – mise à jour

Pour ceux qui ne l’avaient pas décrypté, ces films de science-fiction (SF) sont des allégories de la colonisation des Amériques du 16e au 19e siècle. Même s’ils se placent du seul point de vue des colonisateurs eux-mêmes comme le souligne Mélanine avec raison, ils n’en restent pas moins très critiques voire de féroces satyres au second degré.

Si vous lisez l’anglais dans le texte alors Monbiot vous rappellera en détail comment et pourquoi « en 1492, la population native des Amériques était de 100 millions. A la fin du 19ème siècle, la plupart avaient été exterminés. De nombreux décès étaient dus à des maladies, mais cette extinction de masse a aussi été organisée. La boucherie a commencé avec Christophe Colomb. Il a massacré la population autochtone d’Hispaniola (aujourd’hui Haïti et Dominique) avec une férocité inimaginable. En 1535 la population native de 8 millions de personnes avait été réduite à zéro, en raison des maladies, des assassinats, ou épuisées par le travail forcé et la famine. »

Les auteurs issus des colonisateurs, comme Diamond Jared dans son remarquable livre « Effondrement » qui décrit les effets parfois réellement catastrophiques (réduction de population de 90%) de certains déséquilibres écologiques massifs dans l’histoire aimeraient bien y trouver la seule cause de la mort de quasi-toute la population américaine pré-colombienne. Malheureusement pour l’idée que nous voudrions avoir de l’humanité, l’histoire telle qu’elle se révèle à nous, comme dans ce remarquable dossier réuni par Michel Collon sur Haïti, montre bien qu’il s’agit d’abord de génocides. Les maladies par exemple ont souvent – aujourd’hui comme hier – été répandues sciemment, notamment par le biais de couvertures infectées. Détruire sous couvert de protéger, c’est bien ce que sont en train de faire les USA et ses alliés quand ils interviennent massivement sur cette éponge à pétrole que vient de se révéler être Haïti . Ah, vous ne saviez pas encore que ce pays est installé sur un océan de pétrole bien plus immense que le Vénézuela ou que le fut le Mexique ? Curieux, hein comme les médias sont sélectifs dans ce qu’ils racontent. Mais ça, comme dirait Rudyard Kipling, c’est une autre histoire… dont je vous parle dans cet article .

Tiens fume, c’est de la Colombienne

Quand 10 syndicalistes meurent assassinés dans le monde, 6 d’entre eux le sont dans la seule Colombie (2711 en 10 ans) et les coupables ne sont jamais retrouvés. La Colombie, la grande « démocratie » amie des USA en Amérique Latine. Mais c’est surement un hasard.

Y’a beaucoup mieux que C.C.E. (mis à jour)

C.C.E. ralenti d’abord parce ce que je ne veux plus lui consacrer le temps nécessaire pour approcher les qualités de l’exceptionnel ContreInfo en matière économique et politique. Un exemple de son travail comme le lien ici qui démontre en quelques mots l’inanité de la politique blairiste(autre lien) dont le « socialiste » Di Rupo est la belge copie conforme.

C.C.E ralenti aussi parce qu’en matière géostratégique, militaire et analyse de la politique étrangère des USA, De Defensa est insurpassable et qu’il est inutile d’ajouter au bruit ambiant. Un bon exemple de De Defensa est à trouver dans ce décryptage d’une tentative de désinformation. Le secret de ces deux premiers auteurs : ils lisent abondemment la presse anglo-saxonne et économique, mais pas que. Alors, évidemment, ils sont bien informés même s’ils font de ces articles autre chose que ce que les auteurs originels souhaitaient dire 🙂

Autres sites de TRES bonne qualité : Article XI est un des deux sites qui montent actuellement. Par exemple, ne ratez pas «Si l’Europe sociale est imaginable, ce n’est pas sur les bases de l’Union Européenne.» L’autre, encore plus méconnu, est WTK41, c’est un tort, comme l’oubli du combat fantassin (voir à ce sujet Les Tontons Flingueurs et l’Afghanistan). Enfin, Le Monde Diplomatique met désormais sur le net certains de ses articles-clés mais surtout, il a des blogs plus diversifiés encore. Et entre eux et leurs commentaires, vous pouvez dire que les sujets sont traités à fond.

D’autres sites ou blogs bien que « typés » sont irremplaçables comme celui de Colette Braeckman sur l’Afrique, Le Grand Soir (marxiste) ou Les mots ont un sens (France). Il y a des  originaux comme celui de Danielle Bleitrach qui trouve le moyen d’être communiste tout en se les mettant à dos et juive tout se bagarrant tant avec les sionistes que nombre d’anti-sionistes. Notez que c’est peut-être ce qui me la rend si sympathique. En tout cas, c’est elle qui publie le plus d’info sur le seul continent porteur d’espoir: l’Amérique Latine. Il y a notamment une publication systématique des articles (traduits) de Fidel Castro qui agrémente sa vieillesse d’articles percutants à souhait. Il y en a qui sont plus « remplaçables » comme mondialistation.ca ou LMSI qui alternent l’excellent et le pire (non, je ne mettrai pas de lien sur un de leurs articles « limite (?) anti-sémite » ou paranoïaque). N’oubliez pas l’Observatoire des Inégalités qui est une source très scientifique.

En matière de portails généralistes, les belges mouvement.be et français rezo.net sont imbattables et leurs revues de presse raisonnablement diversifiées si vous prenez la peine de rechercher dans les liens des articles cités qui, eux, viennent un peu souvent des mêmes endroits. Pour renouveler vos sources, allez voir la liste de partage du Monolecte ou sa liste des sources. Le dernier est une espèce de Google des infos alternatives. Evidemment c’est notablement moins trié que dans les portails classiques, c’est même franchement bordelique dans le dernier cas mais tellement riche… N’oubliez pas non plus le belge Michel Collon qui porte à bout de bras un portail rénové qui recèle des merveilles. Aaliens est plus atypique avec ses différentes méthodes de classement des sélections mais très riche de ce fait.

Si vous cherchez des polémistes, Plume de Presse, CSP , Vive le Feu, Fontenelle, voire le belge Les doigts dans la crise (mais en faisant le tri) sont actuellement mordants à souhait. Il vous faudra chercher un plus pour trouver des blogs situationnistes comme le Tigre qui est encore le seul, ou presque, à vous parler de Coupat, prisonnier politique en France pour avoir peut-être été l’auteur du très situationniste « L’insurrection qui vient« . Si vous ne l’avez pas lu, vous avez tort, encore 😉

Cuba Si !

Vos prochaines vacances à Cuba ? Pourquoi pas, me suis-je dit. J’ai donc recherché quelques informations* vues de Bruxelles.

D’abord, un WE de formation de ICS sur le thème « Les travailleurs cubains ne sont pas des outils » du vendredi 15 mai au soir au 17 mai 2009. C’est une formation sur le thème ‘Travail digne’ à Cuba. Une exploration du côté socio-économique de la révolution cubaine et le syndicalisme local.

Et cloturer ces séminaires en faisant la teuf tout en rencontrant des  des companeros ce même 17 mai à partir de 13:00**  à la fête « 50 années de révolution » au Campus du Solbosh à l’ULB. Toutes les infos sur ce lien avec une belle affiche en plus.

Vous devriez ainsi vous garnir votre carnet d’adresses et, qui sait, de trouver des companeros pour le voyage. Au passage, si ça vous tente, écrivez-moi.

Première suggestion de voyage pour qui veut retrousser ses manches et rencontrer des Cubains : « Participer à une brigade de solidarité à Cuba » du 5 au 19 juillet 2009, toujours par la même ICS. Mais là, peut-être est-il déjà trop tard : il y a des séances de préparation obligatoire dont la première est déjà passée.

Pour partir hors voyage organisé,  Viktor Dedaj conseille chaleureusement Cuba Linda, une assoc française qui va vous faciliter la recherche de chambre (confortables !) chez l’habitant (15 à 30 € suivant la saison et l’endroit). C’est quand même plus sympa que l’hotel. Ils ont aussi des suggestions de circuit touristique.

Pour l’avion, c’est moins évident. Le moteur de recherche lié à Cuba Linda est à côté de ses pompes. Si quelqu’un a de l’expérience, les commentaires vous sont ouverts.

(*) Merci JB et VD.

(**) Heure latino: de mon expérience, rajoutez une heure. Le décalage horaire, sans doute.

Nous gagnons et nous gagnerons encore

Pendant que la haine l’emporte sur la misère dans un coin de monde, l’amour concurrence l’égalité dans un autre.

En amérique latine, la gauche vient de gagner le Salvador. Elle avait déjà le Vénézuela, le Pérou, le Brésil et tant d’autres pays de cette ancienne colonie de United Fruit et autres CIA.

Plutôt que de continuer à pleurer dans un combat perdu où seul règne le chaos voulu par le libéralisme et dénoncé si efficacement par Naomi Klein dans son dernier livre, pourquoi ne pas regarder de l’autre côté, là où la gauche gagne et montre qu’un avenir radieux existe ?

Des liens dans un prochain article. Restez à l’écoute 😉

Angélisme

Pour 2009, C.C.E. a décidé à l’unanimité d’offrir le Grand Prix de l’Angélisme 2008 à Maria Stephan et Erika Chenoweth pour leur travail « Why civil resistance works. The strategic logic of nonviolent conflit ».

Que disent ces deux chercheuses ? Que « les campagnes de lutte non violentes ont été couronnées de succès dans 53 % des cas, contre 26 % seulement pour les campagnes de résistance violente». C »est vrai que je ne me suis pas appuyé la lecture intégrale de leur recheche (en anglais, je vous le rappelle) qui est résumée en français mais je constate en première analyse que leur étude pourtant extensive a des bornes énormes. Et que ces bornes sont la perception occidentale, c’est à dire du pouvoir dominant, des enjeux de la lutte.

Je vais prendre l’exemple de 3 des génocides qu’à connu le siècle dernier. Aucun ne s’est attaqué à des populations en lutte. Ni les Arméniens en Turquie, ni les Juifs et les tziganes en Europe nazie, ni les Tutsi n’étaient des gens ou des groupes pratiquant la violence. Et ils ont eu lieu, c’est indéniable.

Autre exemple, deux régions qui sont souvent analysées sur C.C.E. parce que je les connais un peu moins mal que le reste: l’Amérique Latine et le Proche-Orient.

L’Amérique Latine a connu 30 ans de dictatures militaires particulièrement sanguinaires et sans scrupules. Comme dans tous les régimes avant les dictatures, au Chili post-Allende, en Colombie pré-Uribe, l’opposition était civile, syndicale, non-violente et organisée. Les (para-)militaires ont tué, torturé, massacré sans état d’âme des dizaines voire des centaines de milliers d’activistes, de simples suspects et leurs famille dans l’impunité, si pas l’indifférence, la plus totale et avec la bénédiction des USA. Les résistances paysannes, non-violentes, sont massacrées par les para-militaires recrutés par les propriétaires latifundaires dans les mêmes conditions de quasi-silence médiatique.

Je ne parle même pas des populations indigènes, majoritairement non-violentes, qui sont massacrées aux Amériques depuis Pizarre sans que personne ne s’en aperçoive avant qu’il n’en reste plus qu’un pourcentage dérisoire, parfois inférieur à 1%. En Amérique Latine, les luttes civiles et électorales récentes n’ont permis de prendre le pouvoir qu’au moment où les USA ont chancelé en interne. Et elles ne tiennent que parce que cette puissance dominante est temporairement hypnotisée par ses bourbiers irakien et afghan. Et je crains que ce ne soit que pour ce temps seulement, si ce n’est déjà fini comme tente de le démontrer cet article de mondialisation.ca.

Au Moyen-Orient, le sort des Palestiniens n’a commencé à intéresser l’occident obnubilé par sa culpabilité directe ou indirecte dans le génocide juif qu’à partir du moment où des avions remplis de blancs ont été détournés. Bien sûr pour critiquer ces affreux terroristes. Mais au moins en parlant enfin d’eux. La plupart du temps, les Palestiniens ont enduré leur sort sans réaction violente. Les deux Intifida ont démarrées quand l’oppression israelienne est devenue particulièrement insupportable ou provocatrice. La prise du pouvoir du Hamas à Gaza a eu lieu au moment où les puissances (directement ou indirectement) occupantes s’apprêtaient à fournir des armes à leurs collaborateurs qui avaient été battus par les urnes. Et vraisemblablement pas pour décorer leur salon.

Les exemples de réussites de luttes civiles citées par l’étude ne sont pas innocentes: « Serbie (en 2000), à Madagascar (en 2002), en Géorgie (en 2003), en Ukraine (en 2004-2005), au Liban (en 2005) et au Népal (en 2006) », dans la majorité des cas, les réussites allaient dans le sens voulu par le pouvoir mondial dominant et au moment où l’ancien pouvoir dominant régional, l’URSS dans la plupart des cas, avait disparu. Et ce n’est pas un hasard.

Même l’icône de la non-violence, Gandhi, n’a réussi en Inde que quand fonctionnait à plein régime le moteur de la décolonisation voulue par la nouvelle puissance montante pour chasser les européens du monde qu’ils occupaient et que le libéralisme voulait asservir à leur place.

Je ne dis pas que la violence est la seule solution, ni même la meilleure, loin de là. Je dis seulement que face au racisme (et c’est en cela qu’il est vicieux), face au fascisme (et c’est en cela qu’il est particulièrement haïssable), face au colonialisme qui réfute l’humanité des populations qu’il exploite, croire en la non-violence, c’est de l’angélisme. Pire, c’est culpabiliser et discréditer des luttes armées qui sont parfois la seule voie face à des pouvoirs que le sort de leurs victimes indiffère, la seule voie face à un pouvoir mondial dominant que leur sort indiffère tout autant.

Que ce pouvoir dominant soit actuellement étatsunien ne le rend ni pire ni meilleur que les précédents ou les suivants. Pour affirmer cela, je m’appuye sur l’expérience antérieure des dominations européennes et japonaise qui sous le manteau de la colonisation ont massacré dans l’indifférence et des proportions qui ramènent le génocide rwandais au niveau d’une farce estudiantine. Seul un monde multi-polaire, écologiste ET socialiste changera peut-être quelque chose à cela.

Alors, violence ou non-violence ? Je pense que ce n’est pas à nous de juger. Je pense que ce choix appartient aux peuples, aux groupes opprimés et pas à nous. Nous devrions limiter notre voix à appuyer, ou non, ces luttes. Je nous trouverais bien effrontés de jouer les donneurs de leçons auprès de gens qui sont souvent opprimés, par personnes interposées, par nos propres pays. Et les exemples que j’ai cités montrent clairement que certains bourreaux ne reculent devant aucune atrocité.

Au moins la leçon de ghetto de Varsovie nous a appris cela: on ne lutte pas contre les bouchers en se conduisant comme des moutons. Mais en restant des humains, debout, fièrement. Et les armes à la main si nécessaire. Pensons-y pendant que nous accusons de terrorisme ceux qui (nous) résistent pendant que nous ou seïdes les volons, les affamons, les empêchons de se soigner, de s’éduquer et de travailler. Ou plus simplement dit: de vivre, tout simplement.

Mise à jour: actuellement se déroulent en Thailande des luttes non-violentes pour le pouvoir. La première manche a été gagnée par les pro-libéraux, les jaunes. Aujourd’hui les rouges, issus des campagnes, copient leurs moyens d’actions et leur revendication d’élections anticipées. Les premiers avaitent été bien traités dans nos médias et par la police. On va bien voir si le même traitement sera accordés aux seconds. Personnellement, j’en doute pour toutes les raisons évoquées ci-dessus.