Bruits de bottes au Moyen-Orient

Une chose est déjà sûre, une nouvelle agression va se produire au Moyen-Orient. Outre toutes les gesticulations qui ont déjà eu lieu, vient d’apparaître un signe qui trompe rarement : les Israéliens ont redémarré des pourparlers avec les Palestiniens. A chaque fois qu’une nouvelle guerre a été démarré dans cette région, les alliés Etats-uniens et Israéliens ont d’abord fait semblant de vouloir discuter avec les Palestiniens, histoire de s’assurer soit que ceux-ci ne bougeront pas soit qu’il y aura un nouveau prétexte pour accentuer l’asphyxie de la population palestinienne.

Ceci posé, où se portera le couteau cette fois-ci et qui portera le coup ?

Les Israéliens ont un compte à régler avec le Hezbollah, donc le Liban ? Il n’y a pas encore de prétexte mais il si facile d’en inventer un quand on a les médias dans sa poche. Notez que ce n’est pas une réflexion anti-sémite : je déplore plus largement et simplement le fait que les médias occidentaux vous accordent toujours plus de crédibilité quand vous êtes plus blanc et moins à gauche que votre contradicteur. Il n’y a même pas besoin d’être crédible comme l’ont démontré les multiples « montages » dans lesquels nos journalistes ont toujours donné tête baissée avant, parfois, de faire amende honorable pour recommencer de plus belle la fois suivante.

La Syrie est une autre cible possible dans la mesure où le gouvernement israélien a fait savoir qu’il considérait tout lancement de missile venu du Liban comme téléguidé par la Syrie. Et ce malgré les dénégations tant des Syriens que des services secrets américains. Mais bon, qui se préoccupe de ce genre de détails. Par contre, pour que des missiles partent du Liban, il faudrait commencer par eux. Deux ennemis à la fois, ça ne fait pas peur à Tsahal mais ce n’est jamais bon pour les relations publiques.

Les américains ont besoin d’une bonne guerre pour « deux raisons dont chacune est suffisante seule » (Ed. Rostand in Cyrano de Bergerac, acte 1). D’une part, Obama et le Congrès doivent faire avaler une amère potion aux pigeons qui ont cru que voter démocrate suffirait pour que les riches paient la crise qu’ils ont eux-même crée en jouant au casino de la bourse. Je pense aux professeurs licenciés en masse, aux ouvriers dont les emplois disparaissent vers des pays où les travailleurs sont plus facilement exploitable, etc… Les innocents :-). D’autre part, rien ne vaut un bon conflit pour relancer une machine industrielle grippée et remonter le prestige d’élites démonétisées. Et ça tombe bien, l’armement est la seule industrie qui ne soit pas (encore ?) délocalisée. En plus, le complexe militaro-industriel n’aime pas beaucoup Obama. S’il lui donne des gages, ça pourrait changer. Cadeau bonus : les médias locaux qui actuellement traitent quasiment Obama de « communiste islamiste », se rangeront comme un seul homme derrière le Président au son du canon.

Evidemment, les USA ne rentrent pas en guerre sans une préparation psychologique adéquate. Précédemment, il dû y avoir « 9/11 » pour l’Irak, la fausse attaque d’une corvette pour le Viet-Nam, Pearl Harbour pour le Japon, l’explosion d’un bateau de commerce pour virer les espagnols de Cuba, etc… L’attentat « terroriste » manqué récemment par un pakistanais lassé de voir des missiles américains lancés impunément sur ses compatriotes est un prétexte un peu léger pour aller casser du Pakistanais, fut-il musulman. En même temps, les Etats-uniens savent qu’ils ne peuvent se sortir dignement de l’impasse afghane qu’en étendant le conflit à ses voisins ou par une hypothétique « afghanisation » du conflit, c’est à dire la reprise du conflit par un pantin local. Ca n’en prend pas le chemin, d’une part parce que ledit pantin semble avoir cassé ses ficelles et que même comme ça, il n’est guère crédible pour la population.

En Afghanistan, on peut comprendre qu’ayant engagé à ce jour plus de soldats que les soviétiques au plus fort de leur engagement, sans voir plus de résultats que ceux-ci, les occidentaux aient envie de dire aux Afghans « cassez-vous la gueule entre vous (villes contre campagnes, pour simplifier) et foutez-nous la paix » mais hélas pour eux un retrait entrainera une instabilité généralisée et si on peut être sûr que les occidentaux auront perdu, personne ne sait quel est l’acteur régional qui tirera les marrons du feu : Moscou, l’Iran, le Pakistan, un outsider religieux ?

Bon alors, l’Iran comme le pense Edward S. Herman ? Possible et un scénario pourrait être est celui qui fut décrit il y a quelques années dans un article de Bellacio aujourd’hui introuvable mais dont le scénario s’enchainait en gros de la manière suivante :

1° Attaque israélienne limitée sur quelques sites nucléaires iraniens.

2° Riposte iranienne sur les américains (qui ont au minimum laissé passé les avions israéliens « et plus si affinités ») ou en tout cas sur les exportations de pétrole du Golfe Persique vers les USA (les iraniens occupent une des rives du détroit le plus stratégique du monde).

3° Contre-riposte massive américaine au nom de la liberté de circulation dans les détroits : c’est une obligation reconnue par le droit international. C’est pas parce que les occidentaux s’asseyent sur ce même droit international qu’ils ne l’utilisent pas quand ça peut leur servir.

Comme il n’est pas question d’occuper l’Iran pour des raisons évidentes de dimension, on peut imaginer un scénario du type de celui qui fut appliqué à la Serbie : destruction de toute l’infrastructure adjointe à un blocus et finalement élections « librement sponsorisées ». Ca a marché dans les Balkans, on vient d’en avoir une preuve récente avec la mise à jour d’un charnier kosovar. Juste que l’Iran est d’une autre dimension et d’une autre détermination. Par exemple, ça n’avait pas marché en Irak malgré un million de morts de misère et de maladie (merci Bush père). Mais bon, les militaires ne sont pas les derniers quand ils s’agit de croire à leurs rêves.

Le scénario le plus « optimiste » serait que tout ceci serve seulement de prélude à un nouvel étrangement de Gaza ou à une offensive concertée contre le Hamas mais jusqu’à présent ce genre d’actions n’avait pas nécessité tant de gesticulation.

En tout cas, on peut être sûr d’une chose :  les fesses d’un bon paquet de dirigeants et de militaires du Moyen-Orient sont en train de faire des « bravo » à casser des noix. Ce qui ne me dérangerait pas plus que ça si ce n’est qu’en général ce sont surtout les populations civiles qui paient les additions. Et ça, on a beau s’y attendre, on ne s’y habitue pas. Enfin vous je ne sais pas mais moi, non.

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