Et ça se prétend écolo…

Empreinte carbone, recyclage, protocole de Tokyo… Tout ça c’est de la petite bière à côté des propos d’un industriel saisi par une crise de conscience, le belge Gunter Pauli, qui déclare plus simplement « Il ne faut pas polluer moins, il faut arrêter de polluer”, point.

Selon ses argumentaires, très simples, il est possible de vivre aussi bien que maintenant, pacemaker inclus, simplement en imitant mieux la nature, en investissant plus dans “le développement durable c’est (à dire) la capacité de répondre aux besoins de tous avec ce dont nous disposons. Chaque système naturel, dont il s’inspire totalement, fonctionne avec ce qui est disponible. Or depuis des années, notre économie, comme notre système financier, a fonctionné avec ce qui n’existe pas.”

Quelques exemples : savez-vous que dans votre tasse de café, il n’y a que 0,5 % de la graine. Tout le reste, le marc, peut être utilisé pour fabriquer de la nourriture. C’est expérimenté au Brésil. Quand vous parlez, vous émettez une force, la voix. Si vous utilisiez celle-ci pour alimenter votre GSM, sa capacité passerait de 3-4 heures de conversation à 200 heures. Un pacemaker normal utilise une pile et votre corps produit naturellement de l’électricité. Pourquoi ne pas utiliser l’un pour alimenter l’autre ? Le murier permet de « récupérer » des terrains arides et donc inutilisés. En plus, il accueille des vers à soie. Celle-ci pourrait, entre autres choses, utilement remplacer les lames de votre rasoir : ne sous-estimez l’énergie gaspillée pour les produire.

Pour en savoir plus long sur son discours, outre le lien ci-dessus, deux pistes de recherche s’ouvre à vous : son site Zeri, malheureusement en anglais ou alors un moteur de recherche où vous tapez simplement son nom. Des heures de lecture sur un écologisme radical… de tout confort.

Vie privée. Privée, vraiment ?

J’avais prévu de vous faire un petit article sur la vie privée, notion complètement bouleversée par les nouvelles technologies. Et puis, voilà–t-y pas que qu’internetactu.net nous sort cet article: Lettre ouverte à ceux qui n’ont rien à cacher. Ce salaud est bourré d’arguments. Et il écrit bien en plus.

Sur le même site, vous trouverez un autre avis sur la gestion de votre vitrine électronique. Je partage pas trop son optimisme mais il rappelle en tout cas une donnée essentielle : pour gérer, il faut penser à long terme. Internet n’oublie RIEN. Etes-vous sûr(e) que cette photo de vous en pleine teuf’, vous avez avez envie qu’un futur patron la retrouve en vous googlisant (ils sont 75% à le faire pour leurs futurs employés).

Si vous voulez approfondir le sujet, il existe un petit livre, gratuit, à télécharger sur le net : Post-scriptum sur les sociétés de contrôle. Vous pouvez même l’imprimer vous-même pour le lire dans le métro… ou le train.

Leur faire peur !

Demain la crise, amplifiée même par la bêtise de la réaction européenne. Elle décolle de Grèce où les salaires ont déjà baissé de 20 à 30% en commençant par les fonctionnaires mais les autres suivront par effet d’entrainement. Ensuite, le Portugal, l’Espagne, l’Italie, l’Irlande puis toute la zone € et une bonne partie du monde occidental plongera dans le gouffre de la déflation. Le plus dur est pour dans 2 à 3 ans si l’on en croit les économistes comme Frédéric Lordon et tous les autres anglophones un peu sérieux. Je vous renvoie pour le solde au billet précédent.

Alors face à cet avenir qui s’annonce sombre, que faire ? Jouer au Loto, déprimer, voter social-traitre (Papandréou comme Blair avant lui, est membre de l’IS (socialiste)), se suicider…

Aaah, se suicider quand votre chef vous harcèlera au-delà du supportable, vous videra les poches ou vous virera… Un conseil : ne partez pas seul, emmenez-le avec vous.

Vous verrez qu’au 5e Directeur des Ressources (in)Humaines qui sera « invité » à se joindre à l’explosion de colère d’un de ceux qu’il a privé de travail, de dignité, de vie, ils vont commencer à réfléchir avant de proposer un plan de « dégraissage ».

Vous verrez qu’au 3e PDG flingué par un travailleur ruiné par la délocalisation décidée par les actionnaires, ceux-ci auront de plus en plus de mal à en trouver, de ces exécuteurs de hautes-œuvres.

Vous verrez qu’au 10e huissier sautant de concert par la fenêtre du 9e avec le locataire dont il venait faire un SDF, ils seront moins nombreux à avoir envie de faire ce boulot.

Vous verrez qu’au 3e, 10e, 20e patron partant droit au ciel par la vertu d’une grenade déposée dans sa Merced’ par un prolo ruiné et en colère, ils vont commencer à se montre plus discrets. Ca sera déjà ça de pris.

Ceci dit, l’idée romantique de partir mais pas seul, popularisée parfois dans ses romans par le regretté Fajardie n’est pas la recette obligée. Toujours dans le romantisme de Fajardie, « La Nuit des Chats Bottés » proposait alternativement de se faire un petit barouf des familles en faisant sauter tout ce qui nous vole, nous opprime, nous agresse, nous tue à petit feu : une grenade coûte actuellement 50 € dans les quartiers chaud, une Kalach’ se négocie à partit de 200 €. Les armes de poing, c’est notablement plus cher, mais tellement plus discret. Quoiqu’une grenade, ça se loge aisément dans sac à dos à côté de l’ordinateur (même pas peur des portiques, vu la présence de l’ordi).

Sinon, le plastic est pas tellement complexe à fabriquer, d’un maniement sûr et d’une puissance de réflexion largement supérieure à celle d’un édito de BHL. Le plus coton, c’est le détonateur… mais on trouve tant de choses sur Internet :-). Pensez quand même à passer par la lecture d’un petit manuel du contre-espionnage ou  plus simplement par un proxy externe, voir interne comme Tor, avant d’aller fourrer votre nez, là ou vous ne devriez pas.

En tout cas, n’espérez pas leur faire peur en allant voter pour l’un de leurs larbins : qu’il s’agissent des bobos écolos, des sociaux-traîtres, des chrétiens « bénis oui-oui », des crapules de la droite à l’extrême-droite, tous appliqueront sans barguigner les injonctions du mortifère FMI expérimentées au prix de centaine de millions de morts depuis un demi-siècle dans le Tiers-Monde. Ah oui, comment s’appelle le patron du FMI :  DSK ? Il est pas membre du Parti Socialiste, celui-là ? Il est aussi un habitué de Bilderberg comme Pascal Lamy (PS), le patron de l’OMC qui nous a conduit à ces négociations néo-libérales dont chacun paie maintenant les pots cassés (sauf lui : plus de 100.000 € par mois, non-imposables, le séparent de la misère). Dignes héritiers de Gustav Noske qui eut sur les mains le sang de la commune de Berlin et plus spécifiquement de Rosa Luxemburg.

Mais bon, je sens que quand même, vous répugnez à l’action violente, pourtant tellement jouissive, sublimation de l’oppression vécue au quotidien. Alors « Que faire » ? Par exmple, le lire, ce vieux bouquin de Lénine. Facile, il ne fait que quelques pages. Et y ajouter « La révolution qui vient » (best-seller sur Amazon) qui valu un an de prison à son auteur présumé. Et puis réfléchir… et agir, du plus petit geste au plus grand :

– d’abord décider de venir à la réunion NoBorder à Bruxelles du 25 septembre au 3 octobre avec notamment ATTAC. Tous les renseignements sur le site, cliquez sur les liens, on vous dit 🙂

– voter, oui voter mais pour des partis qui sont vraiment de votre côté, à vos côtés (dans la majorité des maisons médicales en Flandre, par exemple), avec vous dans leurs journaux Solidaire de vos luttes, avec vous quand vous avez besoin d’un avocat, Jan Fermon, Ivo Flachet, Michel Graindorge et tant d’autres.

– remplacer la propagande de la TV par l’info critique sur Internet. Via des portails comme Rezo, Contreinfo ou les sites comme celui de Danielle Bleitrach, vous pouvez en savoir plus en 40 minutes qu’avec le même temps de bourrage de crâne du « JT+pubs ». Et la météo, vous l’avez sur Internet quand VOUS voulez, via  AccuWather par exemple.

– Se procurer un logiciel d’impression de code-barre (vous savez, ces trucs que lisent les caisses automatiques des grandes surfaces) pour réaliser quelques reprises prolétariennes, sans risques, sur des produits vitaux… ou non :-). Avec Linux, y’en a plein de gratuits mais en cherchant bien, vous en trouverez de même pour son concurrent à jeter par la fenêtre.

– Monter des comités d’entreprise pour éviter de se faire « embrouiller » par les syndicats jaunes quand il faudra dire « non » aux patrons, aux rentiers et à l’Etat. Tiens à propos de rentiers, saviez-vous que le revenu moyen d’un retraité actuel (ceux de demain, ce sera une autre musique) de l’OCDE est actuellement supérieur à celui d’un actif de la même région. Et quand on connait le nombre de retraités qui vivent avec moins de 900 € par mois, ça laisse rêveur sur les revenus des autres.

– Regrouper des comités de quartiers pour bloquer les accès aux huissiers et autres faiseurs de misère, pour réfléchir ensemble, expérimenter les SEL, protéger et éduquer nos petits et nos ados.

– Se battre pour imposer la Taxe Robin : 0,05 % de taxe sur les mouvements financiers. Ca générera 1.000 milliards d’€ par an sans difficultés. Nous aurons bien besoin de cet argent pour éviter le crash financier et ça ne gênera que la spéculation. En comptant bien, ça fait trois bonnes raisons de la défendre.

– proposer d’autres idées, ici ou dans des ailleurs plus fréquentés 🙂 Et puis en parler à vos voisins de palier et de travail. Rien ne fait plus peur au pouvoir que de voir les gens échanger entre eux, même sur le net, sans passer par les médias en leur pouvoir, dont Facebook, financé et surveillé par tant d’agences de renseignements, gouvernementales ou non.

La mal-bouffe est une drogue ?

Dans Bastamag, Agnès Rousseaux nous rapporte que « une étude américaine vient de montrer que les processus neuro-biologiques provoqués par la consommation d’une nourriture beaucoup trop riche et par la consommation de drogues dures étaient similaires ». MacDo et heroïne, même combat ?

Quand on se souvient des fabriquants de cigarettes rajoutaient sciemment des produits pour augmenter l’accoutumance à ce qu’ils savaient déjà être un poison, on ne sera guère étonné de voir le cynisme avec lequel les fabricants de cette mal-bouffe vont traiter cette information qu’ils connaissent et exploitent probablement déjà. On parie ?

Et comme une image vaut mieux qu’un long discours, voici les chiffres 🙂

Qui va payer ? Mise à jour 12/05/10

Qui va payer quoi, d’abord ? Ben, la crise pardi. Parce que ne vous faites pas d’illusions, elle arrivera jusqu’à nous. Parce que ça n’a pas commencé de finir comme le souligne le Monde Diplomatique synthétisant les informations parues dans la presse économique anglo-saxonne . Je sais que vous ne lisez (presque) jamais les articles que je met derrière mes liens mais  cette fois-ci, le sujet est tellement vaste et complexe que je ne vais pas me risquer à des explications que je maitriserai pas. Je vous invite donc à commencer par le lien ci-dessus pour comprendre de quoi on va parler.

Nous allons partir du principe que vous avez au moins parcouru l’article ci-dessus dont revoici le lien. Quoi lourdingue ? Eh, on va parler d’économie donc un peu d’attention svp. Et puis, comme on parle de chose autrement plus sérieuses (notre porte-monnaie) que de pays lointain (un bicot de plus ou de moins, hein) il va falloir que je vous présente des références. Ne venez pas me dire que je suis cynique : j’aurai vraiment du mal à vous croire si vous me prétendez être plus concernés par un mort à 20.000 km d’ici que par la lecture de votre fiche de paie.

Ah oui, une chose encore, si vous lisez régulièrement la presse anglo-saxonne de qualité (NY Times, Asian Times [AT], Fincancial Times [FT], etc…) dont je parlais ci-dessus ou plus facilement les traductions publiées et commentées par Contreinfo, ainsi que les sites comme Rezo.net, le très européen Les Dessous de Bruxelles et les internationaux blogs du Diplo, passez votre chemin, vous savez déjà de quoi on va parler. Je les remercie pour leurs publications ou leurs sélections d’articles qui ont servi de base à la présente note.

Posons un premier axiome : les entreprises transnationales et à fortiori les entreprises financières sont des zones de non-droit. Dit autrement, vous déconnez avec votre déclaration d’impôt ou le parking de votre belle auto : biiing. Par contre, 99,97% des infractions sociales constatées ne sont PAS poursuivies comme le démontre cette étude française. Je doute que ce soit différent ailleurs. Quand aux matières fiscales, je vous invite a écouter un jour une discussion entre experts, ça ouvre les yeux sur les subtilités de la manipulation de bilan. Ne parlons même pas des niches fiscales et autres manipulations internationales, vous connaissez déjà.

Deuxième axiome : les entités financières jouent avec votre argent, pas le leur. Elles font faillite, les gouvernements les renflouent ou leur fournissent des déversoirs à déchets toxiques : Fanny Mae et Freddy Mac aux USA par exemple. Elle gagnent, elles se distribuent des dividendes et des bonus, je vous dit que ça. Pile je gagne, face tu perds. Ca aussi, vous le saviez déjà certes, mais la première référence de ce billet et celles-ci vous l’expliquent avec des mots simples pour des gens comme vous et moi. Histoire que la prochaine fois que les médias rendent compte du « sauvetage » de la Grèce, vous puissiez comprendre que c’est le bénéfice des spéculateurs qu’ils ont en fait sauvegardé.

Ces spéculateurs et autres Goldman-Sachs, ils se sont « gavés grave » sur les pays de l’Est. Et les dettes de ceux-ci qu’ils ne pourront assumer, comme l’assure Michael Hudson dans le FT,  c’est vous qui les payerez. Et ce n’est que le début, comme l’ironise lourdement Jean-Luc Melenchon dans une explication toute simple de ce qui vient de se passer ce WE. Rappelez-vous que l’épongement de la faillite d’une seule des sept grosses banques suisses avait couté 10.000 FS (5.000 € si le FS ne s’était pas cassé la gueule) à chaque Suisse, du bébé au vieillard. Et les banques suisses ne sont pas les seules à être lourdement engagées dans ces régions : l’Allemagne, le Nord de l’Europe sont dans le même sac (non, je ne retrouve pas les liens que je vous avais préparés, va falloir me croire sur parole, là).

Vous vous dites, oui mais bon, les diktat du FMI, la crise grecque, la Suisse, c’est pas nous ça. Ben voyons, vous dit MartinWolf dans le FT : en fait la finance internationale est un monstre fou qui va nous dévorer tous. La théorie des dominos, vous connaissez ? Allez voir ce beau schéma tout simple du NY Times, il montre comment l’effondrement de la consommation grecque va se répercuter chez ceux qui la fournissaient : l’Allemagne, par exemple. Le Portugal, ce sera dans le nez des Espagnols, etc…. C’est ce qu’on appelle la contagion des PIIGS (Portugal, Italie, Irlande, Grèce, Spain). Et après ce sera nous (France, Belgique) en passant probablement par la case « Grande-Bretagne ». Les USA sont protégés pour l’instant par le statut de « monnaie de réserve » du dollar, mais pour combien de temps encore ? Outre l’Europe qui s’est doté de l’€, de plus en plus de pays commencent à choisir d’utiliser d’autres monnaies comme base pour leurs échanges. C’est aussi vrai en Amérique Latine (avec même le projet de mise en place d’une monnaie unique, le « Sucre ») et à l’est de l’Europe : de la Russie à la Chine, pour faire simple.

En même temps, il existe des solutions autres que de prendre aux pauvres pour donner aux riches, et si vous avez lu les liens ci-dessus jusqu’au bout, vous en avez pu en lire certaines. En voici d’une au Japon, et un exemple tiré de worldbank.org, mais aussi tout ce qu’on voit dans les pays d’Amérique Latine. Parce que si l’Europe clame sa pub « halte à la pauvreté » c’est qu’elle a tout fait pour la créer comme le rappelle Ignacio Ramonet. Et si malgré les décisions de ce WE, les grands argentiers européens auront perdu le contrôle comme le dit Stratfor (désolé c’est en VO mais c’est vachement intéressant), c’est parce qu’il l’ont bien voulu et que les politiques économiques choisies par 20 des 27 pays de la zone € sont des échecs patents, Allemagne et Irlande inclus comme le souligne André Lamassoure dans un entretien accordé aux journal économique Les Echos.

Les Belges vont voter en juin. Pour quelques jours, les politiciens de ce pays vont devoir écouter autre chose que les lobbyistes dont les actions sont bien décrites dans cet article des Dessous de Bruxelles. Hier certains allemands, demain encore d’autres iront remplir les urnes. Alors, soyez sympa pour vous-mêmes : choisissez des gens qui prendront dans les poches bien remplies au lieu de leur offrir des intérêts notionnels (oui, oui, Reynders, on parle de toi).

Oui, oui, je sais : « élections, pièges à cons ». OK, mais si vous pensez vraiment qu’en matière de contrôle des foules, les expériences accumulées depuis 50 ans de l’Irlande du Nord à la Palestine en passant par les pays d’Amérique Latine ont été perdues, vous rêvez. Vous êtes transparent pour les marchands (je vous en parlerai dans un prochain article sur la vie privée), imaginez-vous ce que vous êtes pour les flics. Vous ne serez donc vraiment pas à armes égales quand vous voudrez descendre dans la rue parce que ceux que vous n’avez pas voulu élire vous auront amputé votre salaire ou votre pension de 20 ou 30%. Et ça c’est pas une probabilité mais une certitude pour peu que le coup monté en Grèce à coups de désinformations réussisse.

Encore une fois, vous n’êtes pas obligés de me croire sur parole : ceci est une revue de presse. Si vous suivez les liens derrière chaque mot souligné en bleu, vous trouverez un article sérieux que j’ai collationné pour vous ces dernières semaines qui explique, illustre ou démontre le texte.

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Bruits de bottes au Moyen-Orient

Une chose est déjà sûre, une nouvelle agression va se produire au Moyen-Orient. Outre toutes les gesticulations qui ont déjà eu lieu, vient d’apparaître un signe qui trompe rarement : les Israéliens ont redémarré des pourparlers avec les Palestiniens. A chaque fois qu’une nouvelle guerre a été démarré dans cette région, les alliés Etats-uniens et Israéliens ont d’abord fait semblant de vouloir discuter avec les Palestiniens, histoire de s’assurer soit que ceux-ci ne bougeront pas soit qu’il y aura un nouveau prétexte pour accentuer l’asphyxie de la population palestinienne.

Ceci posé, où se portera le couteau cette fois-ci et qui portera le coup ?

Les Israéliens ont un compte à régler avec le Hezbollah, donc le Liban ? Il n’y a pas encore de prétexte mais il si facile d’en inventer un quand on a les médias dans sa poche. Notez que ce n’est pas une réflexion anti-sémite : je déplore plus largement et simplement le fait que les médias occidentaux vous accordent toujours plus de crédibilité quand vous êtes plus blanc et moins à gauche que votre contradicteur. Il n’y a même pas besoin d’être crédible comme l’ont démontré les multiples « montages » dans lesquels nos journalistes ont toujours donné tête baissée avant, parfois, de faire amende honorable pour recommencer de plus belle la fois suivante.

La Syrie est une autre cible possible dans la mesure où le gouvernement israélien a fait savoir qu’il considérait tout lancement de missile venu du Liban comme téléguidé par la Syrie. Et ce malgré les dénégations tant des Syriens que des services secrets américains. Mais bon, qui se préoccupe de ce genre de détails. Par contre, pour que des missiles partent du Liban, il faudrait commencer par eux. Deux ennemis à la fois, ça ne fait pas peur à Tsahal mais ce n’est jamais bon pour les relations publiques.

Les américains ont besoin d’une bonne guerre pour « deux raisons dont chacune est suffisante seule » (Ed. Rostand in Cyrano de Bergerac, acte 1). D’une part, Obama et le Congrès doivent faire avaler une amère potion aux pigeons qui ont cru que voter démocrate suffirait pour que les riches paient la crise qu’ils ont eux-même crée en jouant au casino de la bourse. Je pense aux professeurs licenciés en masse, aux ouvriers dont les emplois disparaissent vers des pays où les travailleurs sont plus facilement exploitable, etc… Les innocents :-). D’autre part, rien ne vaut un bon conflit pour relancer une machine industrielle grippée et remonter le prestige d’élites démonétisées. Et ça tombe bien, l’armement est la seule industrie qui ne soit pas (encore ?) délocalisée. En plus, le complexe militaro-industriel n’aime pas beaucoup Obama. S’il lui donne des gages, ça pourrait changer. Cadeau bonus : les médias locaux qui actuellement traitent quasiment Obama de « communiste islamiste », se rangeront comme un seul homme derrière le Président au son du canon.

Evidemment, les USA ne rentrent pas en guerre sans une préparation psychologique adéquate. Précédemment, il dû y avoir « 9/11 » pour l’Irak, la fausse attaque d’une corvette pour le Viet-Nam, Pearl Harbour pour le Japon, l’explosion d’un bateau de commerce pour virer les espagnols de Cuba, etc… L’attentat « terroriste » manqué récemment par un pakistanais lassé de voir des missiles américains lancés impunément sur ses compatriotes est un prétexte un peu léger pour aller casser du Pakistanais, fut-il musulman. En même temps, les Etats-uniens savent qu’ils ne peuvent se sortir dignement de l’impasse afghane qu’en étendant le conflit à ses voisins ou par une hypothétique « afghanisation » du conflit, c’est à dire la reprise du conflit par un pantin local. Ca n’en prend pas le chemin, d’une part parce que ledit pantin semble avoir cassé ses ficelles et que même comme ça, il n’est guère crédible pour la population.

En Afghanistan, on peut comprendre qu’ayant engagé à ce jour plus de soldats que les soviétiques au plus fort de leur engagement, sans voir plus de résultats que ceux-ci, les occidentaux aient envie de dire aux Afghans « cassez-vous la gueule entre vous (villes contre campagnes, pour simplifier) et foutez-nous la paix » mais hélas pour eux un retrait entrainera une instabilité généralisée et si on peut être sûr que les occidentaux auront perdu, personne ne sait quel est l’acteur régional qui tirera les marrons du feu : Moscou, l’Iran, le Pakistan, un outsider religieux ?

Bon alors, l’Iran comme le pense Edward S. Herman ? Possible et un scénario pourrait être est celui qui fut décrit il y a quelques années dans un article de Bellacio aujourd’hui introuvable mais dont le scénario s’enchainait en gros de la manière suivante :

1° Attaque israélienne limitée sur quelques sites nucléaires iraniens.

2° Riposte iranienne sur les américains (qui ont au minimum laissé passé les avions israéliens « et plus si affinités ») ou en tout cas sur les exportations de pétrole du Golfe Persique vers les USA (les iraniens occupent une des rives du détroit le plus stratégique du monde).

3° Contre-riposte massive américaine au nom de la liberté de circulation dans les détroits : c’est une obligation reconnue par le droit international. C’est pas parce que les occidentaux s’asseyent sur ce même droit international qu’ils ne l’utilisent pas quand ça peut leur servir.

Comme il n’est pas question d’occuper l’Iran pour des raisons évidentes de dimension, on peut imaginer un scénario du type de celui qui fut appliqué à la Serbie : destruction de toute l’infrastructure adjointe à un blocus et finalement élections « librement sponsorisées ». Ca a marché dans les Balkans, on vient d’en avoir une preuve récente avec la mise à jour d’un charnier kosovar. Juste que l’Iran est d’une autre dimension et d’une autre détermination. Par exemple, ça n’avait pas marché en Irak malgré un million de morts de misère et de maladie (merci Bush père). Mais bon, les militaires ne sont pas les derniers quand ils s’agit de croire à leurs rêves.

Le scénario le plus « optimiste » serait que tout ceci serve seulement de prélude à un nouvel étrangement de Gaza ou à une offensive concertée contre le Hamas mais jusqu’à présent ce genre d’actions n’avait pas nécessité tant de gesticulation.

En tout cas, on peut être sûr d’une chose :  les fesses d’un bon paquet de dirigeants et de militaires du Moyen-Orient sont en train de faire des « bravo » à casser des noix. Ce qui ne me dérangerait pas plus que ça si ce n’est qu’en général ce sont surtout les populations civiles qui paient les additions. Et ça, on a beau s’y attendre, on ne s’y habitue pas. Enfin vous je ne sais pas mais moi, non.