Ca presse ? Euh non, pas dans ce sens là.

La presse papier se vend de plus en plus mal, certes. Une des causes en est que le net lui fait une concurrence assez rude. Une autre plus importante à mes yeux, est que leur contenu est pitoyable. Pitoyable de psitacisme (répétition en boucle). Pitoyable de décridibilité. Pitoyable d’amnésie récurrente. Pitoyable SURTOUT à force de nous parler de ce qui n’a aucune importance et de se taire ou de mentir (volontairement ou non) sur ce qui est important, notamment en matière de justice comme le rapporte Olivier Bonnet dans son billet de ce jour. Acrimed nous donne à propos d’une introuvable citation d’Hugo Chavez un exemple quasi-parfait de ce que j’affirme ici.

CSP nous a éructé(1)  récemment un excellent papier sur la « presse couchée », c’est à dire la quasi-totalité de ce qu’on a l’affront de nous faire payer dans les librairies. Un autre exemple de la malhonnêteté intellectuelle et/ou de l’incompétence de ce qu’on a de plus en plus de mal à appeler des journalistes nous est donné par Rue Affre. à propos d’un fait dont on ne nous parle quasi-pas et qui sont d’un autre format que les manifestations iraniennes dont on nous rebat les oreilles (2) : en Colombie, fidèle allié des USA, 50.000 « disparus »(3) commencent à être retrouvés… dans des fosses aussi communes que cachées jusqu’à ces jours.  « Le Grand Soir » a donné la semaine dernière un autre exemple à propos de l’Iran (à lire jusqu’au bout pour comprendre).

Dans le même ordre d’idée, la revue Esprit, dans un article non-payant (profitez-en, c’est aussi rare que bon) analyse ce que par antiphrase, on pourrait appeler « l’islamisation de l’Europe » dans le regards de la presse américaine. L’analyse peut être reportée sans difficultés sur nos médias locaux.

Enfin, sous le titre « Non, monsieur, vous ne pouvez pas partager ma douleur », un indigène nous met en évidence ce que les médias « oublient » à propos d’Haïti tout en nous noyant, très provisoirement, sous des flots d’images d’horreur. Là aussi, le fait divers occulte la réalité :  ces morts ne sont pas un accident mais le résultat logique d’une politique où le facteur humain est d’autant plus négligeable qu’il est pauvre et noir. Manquerait plus qu’il soit musulman pour que de négligeable, il passe à inexistant : combien de morts irakiens ces jours-ci ? Juste pour fixer les esprits, l’horreur (communiste) cambodgienne a fait le même nombre de morts que la seule famille Bush (capitaliste) en Irak : de l’ordre du million. Lequel de ces deux meurtres de masse a pris le plus de place dans nos médias et sera encore dans nos esprits 10 ou 20 ans après les faits ?

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(1) Dans son cas, c’est un compliment 🙂

(2) Manifestations qui contestent  des élections pas plus truquées que celles qui avaient par deux fois portées W. Bush au pouvoir et encore moins qu’en Arabie Saoudite, par exemple, où elles n’existent tout simplement pas du tout. Mais ça intéresse qui tant qu’ils nous vendent leur pétrole « librement », c’est à dire à nos conditions ?

(3) Comme le rappelle Howard Zinn, récemment décédé, dans sa fameuse « Histoire populaire des USA », les « disparitions » sont une grande spécialité étatsunienne qui remonte déjà au début du XXe siécle. Cette coutume locale fut  exportée dans la dernier tiers du XXe dans différents pays d’Amérique Latine puis en Irak par John Negroponte, un peu ambassadeur (itinérant) mais surtout grand spécialiste de la contre-insurrection militaire. C’est un peu dépassé actuellement et encore juste bon pour les  « islamistes ». Pour les chrétiens, il y a maintenant les « révolutions colorées » et autres élections truquées et/ou manipulées : ça passe mieux dans les médias et ça peut même s’utiliser à domicile (voir ci-dessus).

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